AgoniePourquoi mourir maintenant ?
Allongé sur le firmament
Glacé d'effroi, paralysé par la douleur
Personne pour entendre mes pleurs
La lune jaillie tel un poignard
Pour me donner le coup de grâce
Et dans le souffle du soir
Je sens toute ma vie qui s'efface
Et dans mon agonie,
Mes pensées se traduisent en un lourd silence
Le serpent du remord triomphe et s'ingénie
A torturer ma conscience
Les images défilent, l'esprit succombe sous leur poids
Elles se bousculent, elle m'accablent
Le souvenir nu déroule devant moi
Son parchemin interminable
Et relisant ta vie, tu tremble de dégout
Tu te maudis, tu t'indignes
Tu implores amèrement, tu crois devenir fou
Mais tu revis la moindre ligne
Alors que ma vie s'éteint
Je réalise mes tords
Alors que la mort m'étreint
Je suis rongé par le remord
Cesses tes gémissements
Rien ne saurait contraindre ma volonté
Nul n'échappe à l'ultime châtiment
Au Royaume des Ombres, je t'emporterais
Une dernière goutte de sang
Coule lentement de ma blessure
Et la lune, inexorablement
M'invite à elle dans un murmure
HymneUn son de basse déborde sur le silence lent et rigoureux s'achève sur une note aigu d'écume
La mer geint cliquetis argentée et sous une seconde bouffée du zéphyr, la choral des mânes entaque son cantique
Ces afflictions accompagnent la courbe des vagues
Courbe d'Aphrodite roulant, roulant, prestement
Puis retombant avec douceur pour mieux s'élever encore
Ils prièrent a nouveau de mille cristaux sous le murmure du soleil :
Les flots s'agitent et tourbillonnent
Jaillit un buste inachevé
Torse musclé, sans visage, bras et ventre s'étirant et s'effaçant en goutte d'océan
(Le tonnerre s'unit au c½ur des mânes et scande quelques incantations oubliées, martelant sa voix tel un carillon)
Sur ce timbre se déposent quelques scintillements d'argent
Le buste, traits épart coup de pinceaux incomplets, est emporté par des grands oiseaux enlevé vers l'éther
Alors que la foudre improvise un bal de lumière en son sein
Aphrodite tend ses bras, éperdue, vers ce rêve qui s'évade
Puis, ces épaules retombent dépitées, les mânes reprennent leur hymne "berceuse des flots"
Et le tonnerre martèle ses syllabes obscures
Sur son âme se déposent quelques scintillements d'argent, larmes pures dans cette mer agitée
Vidéo : Leiden - Entlarvt